• Dominique Delaporte

Pallier la baisse des budgets alloués à la création d'entreprise ?

Mis à jour : 7 août 2019

Les budgets de l’accompagnement aux créateurs sont en baisse selon la DARES entre 2006 et 2014 (Laetitia Lienhard. Les Echos 15/07/19). Il existe d’autres solutions à cette problématique : professionnalisation des accompagnateurs et formation courte et qualifiante des créateurs.


Qui sont les créateurs accompagnés ?

Sans chiffres précis à disposition, mais partant du principe que les banques ne prêtent qu’aux sociétés (pour les garanties du K social et des immobilisations), on constate que tout porteur de projet doit obligatoirement passer par la case « Business Plan », une présentation devenue une espèce de « norme ». Pour ce faire, le porteur de projet fait généralement appel à un expert-comptable ou un avocat, qui par la même occasion vont lui proposer des statuts…et autres documents administratifs. Tout cela a un coût bien sûr.

J’ose en déduire que les budgets d’accompagnement évoqués par la DARES, hors exception, sont destinés aux nouvelles entreprises créées sous forme de sociétés.


L’INSEE nous apprend qu’entre 2015 et 2018 il y a eu en tout 759 800 entreprises créées, 605 600 entreprises individuelles et 996 300 micro-entreprises, soit des augmentations respectivement + 17% (Sociétés), +40% (EI) et +38% (Microentreprises). Le poids des « hors-sociétés » dans les créations suit une tendance de 70%.


On peut constater que les organisations accompagnantes sont de mieux en mieux organisées, avec de plus en plus de bénévoles sélectionnés sur leurs compétences en termes de création et de gestion d’entreprise. Les réseaux sont efficaces, travaillent à peu près de la même façon.


Pour terminer une lapalissade : les entreprises dont les créateurs ont été accompagnés, sont plus pérennes que les non accompagnés.


Alors qui s’intéresse aux 490 000 créateurs « hors sociétés » ?

Et bien ils se débrouillent tout seuls ! Par hasard, quand ils en sont informés, certains et certaines font appel à des associations « spécialisées » dans l’accompagnement : des femmes, des handicapés, des chômeurs longue durée ..

Ou alors à leur beau-frère, leur tante, leur voisin, l’ami d’un ami, ou leur cousine en Floride comme j’ai vu, …ou toute personne qui peut les aider gratuitement.

Car les moyens financiers d’un micro-entrepreneur ne sont pas ceux d’une société : pas de comptabilité, un apport personnel faible, des apports en nature importants comme un véhicule ou du matériel professionnel… et un statut extrêmement fragile sans aucune sécurité.


Les accompagnants, hors associations citées ci-dessus, sont donc des bénévoles. Ils sont cependant hors pro-bono puisque leur statut n’est pas reconnu, même s’il existait une déduction d’impôts de 1000 euros (l'article 200-0 A du CGI.) jusqu’en 2014. J’ignore si ce dispositif a été reconduit.


Et ce bénévolat est la seule solution pour ces 490 000 porteurs de projet. Or ce sont ceux qui ont le plus besoin d’accompagnement, car les moins formés à la gestion d’entreprise. Recruter, motiver, former les bénévoles de l’accompagnement, retraités, cadres en exercice, patrons de PME, est une première solution indispensable.


La seconde solution est de développer le bénévolat probono, encore appelé « mécénat de compétences » lorsque les entreprises mettent gratuitement des salaries compétents et volontaires à la disposition d’un projet d’ordre humanitaire, caritatif ou de création d’entreprise, ce qui a un coût pour l’entreprise.


D’ailleurs combien d’entreprises pratiquent l’essaimage ? ou l’intrapreneuriat ?


La formation des porteurs et des bénévoles :

Il existe un moyen simple d’accompagner les porteurs de projet et d’assurer la pérennité d’une entreprise. « Donne un poisson à un homme, il mangera une journée. Apprends-lui à pécher, il mangera toute sa vie. » Encore une lapalissade.



Il est nécessaire de « normaliser» deux types de formations : « devenir bénévole dans l’accompagnement des créateurs » et « parcours création pour porteurs de projets ». Ces formations courtes doivent être inscrites au RNCP afin de permettre leur financement. Courtes car beaucoup d’entre eux ont de l’appréhension à « retourner à l’école », comme ils disent.


Par contre une grande majorité des 490 000 créateurs « hors société » a de réels besoins en matière de gestion d’entreprise.


On ne demande pas à un patron de TPE de savoir monter un bilan mais bien de savoir à quoi il sert et comment l’analyser pour en discuter avec son comptable ou demander une ligne de trésorerie à sa banque.


En 2 ou 3 jours, n’en déplaise à certains, on peut aider un porteur de projet à rechercher et trier l’information. Apprendre à écrire un plan d’actions commerciales créer une politique commerciale s’apprend en une demi-journée. Encore une demi-journée pour les prévisions et les indicateurs …


Le duo gagnant : professionnalisation de l’accompagnement, formation des porteurs de projet


Et voilà le duo gagnant de la pérennité des TPE-PME : la professionnalisation des bénévoles accompagnateurs et celle des créateurs. A faire de suite !

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