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  • Dominique Delaporte

Mais quelles sont donc les motivations des bénévoles au sein des associations ?

Mis à jour : 4 oct 2019


Comme tout chef d’entreprise ou Présidente d’association, je suis confrontée au problème de la motivation des salariés et des bénévoles. Qui dit motivations dit récompense. On le sait pour le salarié et le client, mais puisqu’il n’est pas question d’argent pour les bénévoles, comment les motiver, les récompenser, les fidéliser ?


Cet article n’engage que moi et est inspiré de mon expérience personnelle de membre de 3 associations comme adhérente payant une cotisation annuelle pour l’une, non-adhérente pour la seconde mais active, et présidente d’une troisième. Dans un article précédent j’ai parlé du bénévolat en France d’un point de vue économique[1] et de l’utilité pour un dirigeant d’employer à la fois des salariés et des bénévoles en utilisant entre autres le probono, bénévolat de compétences. Ce n’est pas le propos de cet article.


N’étant pas une spécialiste des RH, plutôt du management d’entreprise, je sais que je dois donner du sens à l’action des salariés. Je pense que c’est vrai aussi pour les bénévoles. Pour cela, dans un vieux réflexe marketing, je me suis posée la question des aspirations des bénévoles, de leurs motivations. Parce que je suis en train de lancer une association de type culturel (gestion de boites à lire) je m’interroge : comment les convaincre les futurs membres et surtout comment les gérer ?


1/ Quand je parle de motivations, aussitôt j’ai en tête la pyramide de Maslow. Mais la réponse est encore trop vague. Quel besoin recouvre le bénévolat : accomplissement, estime ou appartenance ? Besoin individuel, devoir collectif ? Humanisme ou épanouissement personnel ? La motivation est-elle altruisme ou égoïste ou encore liée à une obligation sociale ? J’ai trouvé quelques réponses dans Motivations des bénévoles : une revue de la littérature Nathalie DUBOST Maître de Conférences LOG, IAE Orléans, Rue de Blois, BP6739, 45067 Orléans Cedex 2 nathalie.dubost@univ-orl


Je dirais, par expérience, que le plus gros avantage du bénévolat, pour le bénévole, est la liberté d’adhérer ou non à l’association, la liberté de la quitter à tout moment : les horaires ne plaisent plus ? les encadrants déplaisent ? Un simple mail et revoilà le bénévole libre d’aller chercher une autre activité de bénévolat ! Tout ce qui était contrainte en entreprise devient liberté !


Quelles sont donc les possibilités de récompense en association ? le champ des réponses est très vaste : félicitations, remerciements, reconnaissance en AG, plaisir d’être ensemble par un repas, séminaire d’incentive, formation, évolution verticale (plus de responsabilité) ou horizontale (un autre métier). Ce n’est pas pour rien qu’il existe maintenant des diplômes spécifiques aux bénévoles et accessibles en VAE.


Mais ce n’est pas tout : il me semble que le bénévolat aujourd’hui est devenu plus une question de mise en valeur du bénévole lui-même que de l’action de bénévolat. Il me semble aussi que les bénévoles attendent de recevoir un satisfecit perso de leur bénévolat comme l’admiration de l’entourage, l’apprentissage d’autres compétences, un pouvoir impossible à obtenir dans la vraie vie pro, une reconnaissance sociale et sociétale....


Si la liberté semble être la première caractéristique du bénévole, la seconde en est la récompense qu’il attend de la valorisation de son bénévolat. Peut alors encore parler d’engagement du bénévole ? « Au cœur de la notion d’engagement bénévole, existe un sentiment de libre choix en interaction avec une recherche de bien-être et de sociabilité, que permet le développement du temps libre »[2].


Pour aller plus loin sur cette liberté laissée au bénévole, je dirais qu’aucun argument ne peut le convaincre de se plier au règlement intérieur, ni à une éventuelle charte mise en place pour tenter de cadrer les bénévoles.


2/ le responsable d’association

Je m’interroge aussi sur les motivations des créateurs d’associations. Volonté altruiste : « j’aide les autres » ou égoïste : « je veux monter à mes pairs que je suis capable de lancer une activité moi-même », l’association étant alors un outil de communication pour me faire connaitre ?


On l’a vu ci-dessus, si le bénévole est libre, la préoccupation du responsable d’association est, entre autres, de fidéliser quand il le peut, de former les bénévoles et d’équilibrer si possible le budget de l’association. Donc la mission du responsable de l’association est bien à la fois d’encadrer les membres pour qu’ils aillent dans la bonne direction, de fixer les bornes des actions au sein de l’association, et de les fidéliser ... ou non ! Car cela vaut-il vraiment la peine de fidéliser les membres ?


3/ Si bien que mon problème personnel qui est actuellement de recruter des membres pour la toute jeune association que je viens de créer de gestion de boites à lire, n’a pas de solution immédiate.

Si mes valeurs personnelles de solidarité, de lien social local, d’acculturation [3], d’économie circulaire sont au centre des raisons de la création de mon assoc’, il va falloir que je temporise avec celles des futurs membres : réclamation d’un droit de parole (alors que personne ne les écoute jamais ailleurs), liberté, non-engagement, et surtout non-implication, difficultés à se laisser convaincre, et je le reconnais, aucune capacité d’écoute ! . Ça ne va pas être facile !


Mais j’aime les difficultés...

[1] Pour mémoire : « Sur la base du SMIC, la « valeur monétaire » du bénévolat est d’environ 26 à 29 milliards d’euros selon la variante d’estimation, soit 1,2 à 1,3 % du PIB. Dans le cas du salaire de l’action sociale sans hébergement, ces valeurs sont respectivement de 42 à 47 milliards d’euros soit de 1,9 à 2 % du PIB. »Extrait de https://fonda.asso.fr/system/files/fichiers/LeBenevolatEnFranceEn2017_SyntheseEnqueteCRA-CSA_17102018_VF.pdf


[2] https://fonda.asso.fr/ressources/les-representations-de-lengagement-benevole. 2014 »


[3] En sociologie, l'acculturation, ou transport d'idées, désigne les phénomènes qui résultent du contact continu et direct des groupes d'individus ayant différentes cultures, ainsi que les changements dans les cultures originelles des deux groupes ou de l'un d'entre eux. Wikipedia


Photo Unsplash - Toa-Heftiba.



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